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Pierre Masclaux
Cette histoire est née de la collaboration entre un ébéniste et un luthier. Alain Prouvé, autodidacte installé à Briançon depuis un quart de siècle, a hébergé dans son atelier pendant trois années un ami luthier ayant appris son art en Irlande, Hugo Cuvilliez. Il faut croire que la passion de la lutherie est contagieuse puisque l'ébéniste s'est mis à faire des instruments de musique. Une guitare, un violon encore en gestation puis un cor des Alpes. « J'aime la musique et à Briançon il existe un groupe de sonneurs de cor, explique Alain. Leurs instruments viennent pour la plupart d'un fabricant alsacien qui est maintenant à la retraite. J'ai des amis qui jouent et qui m'ont fait découvrir le cor, instrument intimement lié aux Alpes où je suis né et où j'ai choisi de vivre. »
Cela ne fait qu'une année que la collaboration de deux artisans est en place mais déjà une quinzaine d'instruments sont sortis de l'atelier et sonnent un peu partout en montagne et ailleurs. Pour Alain, la contribution du luthier est une chance. Il apporte sa connaissance des bois de résonance et à deux la réflexion porte plus vite ses fruits. « La lutherie ajoute un plus au bois, s'enthousiasme Alain. Si le meuble est esthétique, l'instrument va au-delà, sublime la matière. A travers l'instrument il existe une réelle communication entre l'homme et le bois. » Malgré cette passion naissante, il n'est pas question pour lui de négliger son activité première, celle des meubles locaux en mélèze ou autres résineux.
Texte de Bruno Auboiron